dimanche 15 juin 2014

Rappel de mon projet

           Pour ceux qui n'ont ni le temps, ni le courage de relire les premiers articles du blog, je rappelle les grandes lignes de mon projet.
           Mon objectif est de démontrer qu'il y a des méthodes performantes et éprouvées qui permettent à tous les enfants de bien apprendre à lire, à compter et calculer et qu'on peut ainsi tarir la source de l'échec scolaire qui se trouve au tout début des apprentissages, tout cela dans un état d'esprit nouveau fait de bienveillance et d'exigence en prenant l'enfant tel qu'il est, là où il en est.
           Pour cela il faut créer une petite école expérimentale avec, pour commencer, une classe de CP pour bien installer les bases élémentaires et une classe de rattrapage, une sorte de CM3 pour remettre à niveau les enfants en grandes difficultés et leur permettre d'entrer au collège avec les bases indispensables à la suite de leur scolarité.
          Cette école, pour que la démonstration soit probante, doit se situer en milieu plutôt défavorisé et doit être gratuite pour être sur le même terrain que l'école publique.. J'ai tellement entendu, à l'école publique dont je faisais partie, que les enfants du privé n'étaient pas les mêmes et qu'on ne pouvait comparer que je tiens à prendre les moyens d'une comparaison  sans restriction.
         Il faut donc faire appel à des mécènes. J'ai contacté de nombreux responsables, dont des politiques, leur demandant de m'aider à trouver des mécènes, leur proposant de s'approprier ce projet, ce qui aurait pu aussi servir leur carrière.
         Le mécénat apporte une aide dans de nombreux domaines, sport, art, santé, pourquoi pas à la reconstruction de l'école? Ce serait un nouveau champ d'action, une voie nouvelle et moderne pour faire évoluer notre système scolaire. Les enfants de France sont nos enfants et notre avenir, les problèmes liés à leur scolarité et à leur formation nous concernent tous.
        En une année les résultats sont visibles, c'est bien le seul domaine si facilement évaluable si on en a la volonté.  Je suis institutrice (je préfère ce nom à celui de professeur des écoles), j'ai enseigné en CP, j'ai utilisé la méthode syllabique (le b-a, ba), je sais que ça marche très bien, je peux enseigner, former des enseignants mais avant cela il faut trouver les moyens de réaliser ce projet d'école. Et ça, c'est autre chose!
        Avis à tous ceux qui veulent faire de la politique autrement, à ceux qui veulent vraiment et efficacement reconstruire l'école et donc l'avenir!


    Objectifs complémentaires:
-Démontrer que la première cause de l'échec n'est pas d'ordre social mais d'ordre pédagogique.
-Donner un bon départ à chaque enfant.
-Faire acquérir aux enfants un comportement d'élève et la maîtrise de soi.
-Restaurer la discipline et l'autorité.
-A côté de l'instruction, répondre au besoin d'éducation, d'humanité, de bonheur d'apprendre et de vivre ensemble.
-Enrichir les rapports avec les parents par un soutien à l'éducation.

samedi 14 juin 2014

Classe politique désespérante, tous partis confondus!

         C'est vraiment désespérant!  On voit des partis politiques en pleine déconfiture, des responsables politiques sans idées, sans imagination, sans projet, sans vision,  préoccupés uniquement de leur poste, de leur pouvoir, de leur avenir, et pas du tout de la vie des Français et de leur famille, alors que la politique c'est d'abord travailler au bien-être, au mieux vivre de leurs compatriotes, c'est avant tout s'occuper des autres.
          Bien sûr il y a une grave crise économique, le chômage qui augmente, l'insécurité, le terrorisme etc... mais il y a surtout cette faillite de l'école qui transforme en drame et en échec la scolarité de nombreux enfants et ça aussi,  c'est important. Même l'Europe s'inquiète du niveau des petits Français et personne ne bouge vraiment, on continue sans se poser les bonnes questions, sans avoir l'idée d'évaluer les méthodes pédagogiques, sans même chercher ce qui est important pour  réussir.
         J'ai proposé mon projet d'école expérimentale à de nombreux responsables politiques de droite comme de gauche, un bon projet pour redémarrer, une étape pour la reconstruction de  notre école, une ouverture vers la réussite. Eh bien! non, aucun intérêt! aucune question! aucune curiosité!Tout va bien sans doute?
       N'importe lequel de ces "brillants" responsables à qui j'ai écrit est capable de rassembler quelques mécènes autour de lui pour créer cette école expérimentale s'il en avait la volonté. Et cette réalisation qui ne peut que réussir peut servir celui qui permettra sa mise en œuvre, peut lui apporter ce qu'il cherche en s'agitant dans les médias. 
      Mais que de temps perdu dans l'indifférence générale!

mercredi 4 juin 2014

Et les maths, aussi!

    Il n'y a pas que le niveau en lecture qui baisse, il y a le niveau en maths! On pense d'abord à la lecture, c'est la porte d'entrée de toute connaissance dans tous les domaines, même en maths, l'enfant qui lit mal ne peut comprendre la donnée d'un problème et s'il n'a compris ni la numération, ni le calcul, c'est la catastrophe! Et c'est souvent la catastrophe.
    La construction du nombre, la numération, est un domaine parfois bien fragile chez beaucoup d'enfants. J'en ai croisé beaucoup, de ces élèves de CM incapables d'écrire des grands nombres. Dès qu'ils entendaient cent ou mille, ils écrivaient plusieurs zéro dans leur nombre et ils se retrouvaient avec un nombre d'une vingtaine de chiffres.
   Le calcul fait partie de la vie de chacun. Un enfant de 5 ans est capable de savoir combien de billes il a perdues, s'il en avait 5 et qu'il lui en reste 3. Et on peut facilement lui expliquer comment on peut écrire ce calcul qu'il a fait tout seul et lui apprendre qu'il y a un signe qui veut dire qu'on enlève, le signe "moins".
   Dans ma classe de CP, dès que j'avais 10 minutes et tant que mes élèves ne savaient pas lire, je leur racontais une petite histoire avec des nombres et une question pour terminer (définition du problème) et je leur demandais de trouver la réponse à la question. Entraînement au raisonnement, au calcul et à leur traduction en opération  Ensuite dès qu'ils pouvaient lire seuls la donnée, ils étaient préparés à la comprendre.
    Pour la numération qui est un point très important, il faut manipuler.  Dans ma classe, je rassemblais quelques tables et les élèves autour. Sur la table, une grande feuille blanche et sur la feuille un tas de jetons (entre 10 et 19, et puis plus ...). Chacun à leur tour les élèves venaient compter les jetons. Dès qu'on arrivait à 10 jetons, l'enfant traçait un cercle autour, un paquet de 10 était fait, une dizaine de jetons. Les jetons restants, on les comptait un par un donc "unités".
    Par la suite, un enfant écrivait le nombre de dizaines et le nombre d'unités dans un tableau de numération tracé au tableau.  Et ainsi on comptait, on construisait les nombres jusqu'à 100. les élèves le faisaient aussi à leur place avec des jetons et une feuille de papier. Puis plus tard des exercices sans jetons, de composition, de décomposition de nombres en dizaines et unités.
  Les enfants avaient bien compris qu'avec 10 chiffres pour écrire tous les nombres, c'est la place du chiffre dans le nombre qui fait la quantité et le nombre.

   En maths comme en lecture, à ce niveau élémentaire, cela pourrait être si simple!


samedi 31 mai 2014

Encore et toujours le niveau! et puis les rythmes scolaires!

    Sur une dizaine d'années le niveau des CE2 a baissé! Celui des CP dans le même temps se serait  amélioré! Pas très logique en effet, de meilleurs élèves en CP devraient donner de meilleurs élèves en CE2. Alors on s'interroge.
     Sur Europe 1 il y a quelques jours, Laurent Bigorgne directeur de l'Institut Montaigne avait été convié pour donner son avis sur cette étude comme expert en la matière, l'Institut Montaigne ayant publié en 2010 "Vaincre l'échec à l'école primaire".  Et il a parlé enfin de pédagogie! C'est un progrès car ce rapport sur l'échec n'en parlait pas, comme si les méthodes d'apprentissage n'étaient pas en cause dans l'échec des enfants.
     Au moment de cette publication, j'avais écrit à Claude Bébéar, président fondateur de cet institut pour lui proposer mon projet de création d'école expérimentale et il m'avait invitée à rencontrer Laurent Bigorgne et Daniel Laurent. J'avais beaucoup espéré de cette rencontre et je ne m'attendais pas à aussi peu d'écoute et d'intérêt. En les quittant j'avais pensé que dans ce milieu d'intellectuels on ne parlait qu'entre grosses têtes bien diplômées. Dommage! Les idées peuvent venir de la base.... que de temps perdu!
    En fin d'émission, Laurent Bigorgne a émis l'idée qu'il fallait faire appel à des chercheurs. On a déjà eu ça avec les "experts" du ministère, les "pédagogistes" qui n'ont rien apporté, bien au contraire. C'est du pratique, du bon sens qu'il nous faut! On a eu un émetteur de bonnes idées fondées sur la pratique et la réflexion, c'est Marc Le Bris, instituteur breton déterminé à faire réussir les enfants et qui réussissait à le faire dans son école: ses élèves étaient les meilleurs au collège et lui, l'enseignant le plus mal noté du département. Comment comprendre? Il a parlé, il a écrit "Et vos enfants ne sauront pas lire ... ni compter", plein de bon sens et très convaincant. Et il n'était pas seul!
    Alors si on n'étudie pas ce qui marche, pourquoi encore des chercheurs?

   Et maintenant voilà la fronde de quelques communes qui refusent d'appliquer la loi sur les rythmes scolaires: trop chère et trop compliquée à mettre en œuvre! Ce n'est pas très étonnant, la gauche de Peillon a perdu les élections municipales, cela a libéré quelques  maires  qui manifestent leur opposition à cette loi mal pensée, mal ficelée.
    Il y avait quand même quelque chose de plus simple pour ajouter une 1/2 journée de classe (ce qui a existé il n'y a pas longtemps) et raccourcir le temps de travail quotidien. En France, les enseignants sont très mal payés. Au lieu d'en embaucher 60 000 de plus  on aurait pu simplement augmenter un peu leur salaire et leur demander de travailler le mercredi ou le samedi matin et d'arrêter le travail de leur classe vers 15h chaque jour ou avec une répartition plus libre dans la semaine, le temps restant étant réservé, sous leur responsabilité,  aux activités sportives, artistiques, culturelles et autres.
     Mais pourquoi faire simple si on peut faire compliqué? 

lundi 12 mai 2014

Je reviens longtemps après, et encore les rythmes scolaires!

     Après une longue interruption, je reprends ce blog. Il y a tellement à dire que personne ne dit!
     J'ai été très occupée pendant un an, j'avais une maison pleine et j'ai consacré le temps restant à retravailler la méthode de lecture que j'avais élaborée pour ma classe de CP avec le but d'essayer de la faire éditer. Je n'ai pas complètement terminé.
     Le nouveau ministre a accepté l'héritage et essaie d'aménager la loi sur les rythmes scolaires pour qu'elle soit un peu mieux accueillie et qu'elle soit plus facile à appliquer. Cela ne vient apparemment à l'idée de personne de suggérer qu'il serait sage de renoncer à une réforme qui pose tant de problèmes et coûte très cher.
    La loi veut adapter le temps scolaire au rythme d'attention de l'enfant dans le but d'une meilleure acquisition des connaissances et pour éviter de fatiguer les enfants. Tout d'abord la fatigue supposée des enfants dépend surtout du rythme de vie des familles, de l'heure du coucher, du travail scolaire qui traîne trop tard le soir.  Ensuite l'acquisition des connaissances dépend de l'efficacité des méthodes pédagogiques, du bon sens, de l'exigence bienveillante de l'enseignant, c'est cela qui fait réussir.
    Comme je l'ai sûrement déjà dit, dans ma classe de CP, j'avais pris la liberté d'adapter le rythme de travail de la classe aux besoins des élèves. J'arrêtais donc la classe, un jour sur deux à peu près, une heure avant la sortie et dans la classe je faisais une heure de soutien avec ceux qui en avaient besoin, en les prenant un par un. Pendant ce temps, les autres, les 3/4 de la classe, lisaient, dessinaient, prenaient des jeux de société et cela se passait très bien sans fatigue, sans loi, sans débat inutile. Il suffit de faire confiance au bon sens des enseignants et de les libérer du carcan pédagogique 
    On peut se demander quelle réflexion précède la naissance d'une réforme, celle qui a fait la semaine de 4 jours comme celle qui veut revenir, d'une façon très compliquée, à la semaine de 4 jours 1/2. Quel gaspillage de temps, de moyens pour ces réformes qui ne servent à rien, coûtent cher, énervent tout le monde et dans lesquelles l'intérêt de l'enfant n'est pas démontré.
   La plus grande sagesse serait de renoncer, je pense que renoncer, parfois, c'est avancer!

samedi 16 février 2013

Bonheur d'enseignant.

  Comment faire confiance à des ministres et  un président qui se trompent gravement dans leurs prévisions, dans leurs décisions, et surtout à un ministre de l'Education qui en est encore à "plus de moyens" alors qu'il faudrait faire mieux avec moins et que c'est possible?
   Restons calmes et parlons d'autres choses plus positives! Par exemple de la pratique de l'enseignant dans sa classe, du bonheur d'enseigner et, pour la classe de CP, que je connais bien, du travail passionnant de faire entrer ses jeunes élèves dans un monde nouveau, celui de l'écrit, de les amener à une parfaite autonomie face à un texte.
    Avec la méthode alphabétique, cela se fait tranquillement, au rythme de chacun. Comme la journée de classe est longue, on le sait, je demandais souvent  à mes élèves vers 15h30  de tout ranger, de préparer leur cartable, je leur proposais de prendre des livres dans la bibliothèque du fond de la classe, de se regrouper pour jouer aux cartes ou aux échecs, de dessiner ou colorier, ou de faire un petit exercice en plus. Et pendant 1 heure, dans un calme relatif, c'est vrai, je prenais, un par un, les quelques  élèves qui avaient besoin de soutien et d'entraînement, chacun très heureux de travailler seul avec la maîtresse.  En quelque sorte, un aménagement du rythme scolaire sans autorisation, ni problème! Et une classe où aucun élève ne se trouve en difficulté!
    Pendant la classe un jour, une petite fille qui avait un peu de mal à lire, a levé vers moi un visage radieux: "Maîtresse! mais, je peux lire!" Elle avait lu toute seule le titre d'un livre, "la petite sirène". Je lui ai répondu, "Bravo, et bientôt tu pourras tout lire tout seule". J'étais encore plus émue qu'elle: un de mes très bons souvenirs de cette classe de CP.
     Un enseignant doit être bien formé, évidemment, mais je crois qu'avant tout, il doit avoir envie de transmettre, la patience de bien expliquer, avoir une attitude bienveillante, savoir s'adapter à chaque enfant. Il doit avoir du bon sens, et aussi du courage pour oser  se libérer des directives et méthodes proposées si elles ne correspondent  pas à ce qu'il veut faire  qu'il sait plus efficace.
   

lundi 11 février 2013

Difficile réforme!

         Quand on réforme, il faut prendre son temps, consulter, vraiment réfléchir et être prudent car c'est très difficile de revenir en arrière..... La semaine de 4 jours est en place depuis à peine 5 ans  et on s'aperçoit maintenant qu'il fallait conserver la semaine de 4 jours 1/2.
          C'est vrai, la journée de classe en primaire est trop longue! Mais c'est tellement compliqué de la raccourcir et d'un coût élevé pour les communes qui prennent en charge, pour une grande partie, la garde des enfants après l'école. Et puis les enfants resteront à l'école aussi longtemps, et même plus, puisque les parents, en France, ne sont pas disponibles pour les récupérer et le changement, pour eux, sera imperceptible chaque jour, avec 1/2 journée de travail en plus. Quand on compare avec les autres pays, ce qu'on fait souvent, il faut tout comparer.
          En France presque toutes les mères ont une activité professionnelle et les enfants sont gardés par les services communaux jusqu'à 18h ou 18h30. Pour que les enfants bénéficient d'une journée de classe moins longue,  il faudrait que les horaires des parents correspondent à celui des enfants, ou que les femmes abandonnent leur emploi en devenant mères, ce qui se passe dans de nombreux pays. Ce n'est guère imaginable en France.
              Le mauvais classement des petits Français n'est pas la conséquence de journées trop longues, ni de rythmes  scolaires mal adaptés, car, je le répète et beaucoup d'autres avec moi, ce sont les méthodes pédagogiques qu'il faut changer, ainsi que l'état d'esprit, l'attitude des enseignants et l'organisation du travail dans la journée.
              Peut-on faire confiance à nos responsables politiques qui décident de réformes aussi légèrement et qui se trompent souvent?
               L'école n'est pas près d'être refondée utilement pour le bien et la réussite des enfants.