dimanche 28 septembre 2014

Et maintenant plus de redoublement!

     Bonne idée, je suis pour! 
   Mais pas du tout applicable aussi rapidement que lancée. Ce ne peut être que l'aboutissement d'un long processus qui rendra le redoublement enfin inutile. Sinon ce ne sont pas 150 000 élèves qui décrocheront et quitteront l'école sans le moindre diplôme, mais bien, bien plus.
    Les élèves qui ont bien acquis les bases indispensables à toute progression n'ont pas besoin de refaire 2 fois la même classe. Il faudrait donc que le niveau des petits Français remonte, qu'ils sachent tous bien lire et bien compter en quittant l'école primaire, et c'est tout à fait réalisable. 
    La façon d'enseigner est de première importance pour que l'enfant apprenne, comprenne et acquière connaissances et compétences. Toutes les méthodes ne se valent pas et il faudrait les évaluer. Mais aucun ministre n'en a encore eu l'idée!
        Les petits Français lisent mal, c'est connu et cela ne s'arrange pas. Or la lecture est l'entrée pour toute connaissance. On pourrait commencer par changer les méthodes de lecture et faire utiliser la méthode strictement syllabique. En peu de temps on verrait les élèves mieux réussir. Ce n'est pas compliqué, il faut seulement le courage de dire la vérité!
     

mercredi 17 septembre 2014

Supprimer les notes? Encore!

       On tourne en rond et moi aussi!
            Il faut évidemment garder ce système simple d’évaluation, facile à utiliser pour l’enseignant, facile à lire pour les parents, je l'ai déjà dit et je répète. Je connais bien les enfants, je suis mère de 5 enfants, grand-mère 18 fois et professeur des écoles en retraite. Ce qui traumatise l’enfant, ce n’est pas la mauvaise note, c’est de ne pas y arriver, de se voir moins réussir que les autres, de ne pas comprendre, ne pas trouver la réponse, que le résultat soit noté ou non. C’est cela qui rend l’enfant malheureux.
         Il faut donc faire réussir les enfants et ça, c’est le travail de l’enseignant qui doit prendre l’enfant là où il en est et le faire progresser. Il faut expliquer à ses  élèves au début de l’année  ce que représente une note, à quoi elle sert,  qu’un bon élève,  c’est d’abord un élève qui fait des progrès, que c’est bien d’avoir 10/10 mais que c’est très bien quand on a 3/10 de passer à 5 ou 6.  C’est vrai qu’il est difficile maintenant de faire réussir les enfants parce que les méthodes les plus couramment employées  ne permettent pas une bonne acquisition des bases,  empêchent même les enfants d’apprendre et les laissent en grande difficulté. Et plus on avance, plus c'est difficile à rattraper.
        Il n’y a aucune souffrance si la note est expliquée, si le moindre progrès est valorisé, si l’enfant se sent aidé. Et je crois que pour apprendre la vie qui n’est pas toujours rose, il n’est pas forcément bon de supprimer toutes les petites épreuves que l’enfant peut rencontrer. Il faut l’accompagner, l’aider à les accepter. Beaucoup d’enfants sont confrontés à de plus graves traumatismes  comme  la séparation de leurs parents, la maladie, la mort, des accidents dans leur famille.
        Et puis pensons aux élèves qui sont contents d’avoir de bonnes notes et que l’envie d’en avoir encourage à travailler. C’est une motivation d’enfant. Il y a 20 ou 30 ans non seulement on notait les élèves mais on les plaçait. Un de mes enfants, après un déménagement et un changement d'école (autre petit traumatisme) dans les derniers de la classe au début de l’année, avait décidé d'arriver à être premier et au mois de juin il a été premier.
     Pour faire réussir les enfants et les rendre plus heureux, il y a d'autres choses à faire que de casser le thermomètre qui informe clairement sur la santé scolaire, il faut évaluer les méthodes d'apprentissage et recommander les plus simples et les plus efficaces car un enfant heureux et épanoui, c'est un enfant qui réussit.  



samedi 5 juillet 2014

Faire éditer ma méthode de lecture?

               A droite on s'agite pour sauver la droite, la gauche n'est pas en meilleur état. Les grands partis ont quitté le terrain de ce qui intéresse les Français, on n'y voit que rivalité, ambition personnelle et affaires. Je ne crois pas que le discours suffira pour relever tout cela, je l'ai déjà dit. Les Français n'ont plus confiance.
              L'école va si mal qu'elle pourrait devenir un terrain d'expérimentation intéressant, des responsables politiques qui veulent reconstruire l'action politique pourraient s'y mettre. Mais je crois qu'ils sont si sûrs d'eux, de leur capacité à convaincre par leurs bonnes paroles, qu'ils n'imaginent pas pouvoir faire autre chose, faire de la politique autrement. Finalement c'est l'imagination et l'audace qui manquent.  
               Quand j'ai choisi de prendre une classe de CP en 2004, je n'ai pas trouvé de méthode satisfaisante et en m'inspirant des travaux du Docteur Ghislaine Wettstein-Badour, spécialiste du fonctionnement du cerveau et de l'apprentissage de l'écrit, j'ai élaboré une méthode syllabique très simple, que j'ai retravaillée dernièrement pour essayer de la faire éditer.
              C'est une méthode très souple et facile à utiliser. Elle introduit une seule lettre à la fois, toujours de la même façon, d'abord seule, puis dans des syllabes, des mots et des phrases. Même chose pour les sons formés de plusieurs lettres. De temps en temps on trouve un petit texte aux difficultés grandissantes, des pages de révision de sons. On aborde des notions de grammaire sans en faire des leçons, en répétant et en réexpliquant toute l'année les notions grammaticales de base dès qu'on a l'occasion de pouvoir en parler, c'est ce que j'appelle la grammaire par imprégnation. 
             En essayant de faire éditer cette méthode, je voudrais amener un changement progressif de méthode en France et tarir la source de l’échec qui se trouve au tout début de l’école primaire. Apprendre à lire, savoir lire, c’est à la portée de tous les enfants, cela ne demande pas une intelligence supérieure surtout quand on explique tout comme dans ma méthode.
             Cette méthode ne ressemble à aucune autre, c'est la plus simple qui soit, elle se présente en noir et blanc, ce sont les élèves qui apporteront la couleur en coloriant très soigneusement chaque petit dessin. Ils pourront aussi entourer chaque jour le son ou la lettre du jour. Leur manuel restera le leur, ils le garderont, il est à usage unique.
           J'essaie donc d'entraîner un éditeur vers une étape de progrès pour l'école et pour les écoliers français dont le niveau en baisse régulière inquiète même l'Union Européenne.


  

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lundi 30 juin 2014

Plus de notes ?

   Plus de notes?  Elles seraient traumatisantes quand elles sont mauvaises, alors on supprime. Et après? On maintient l'élève dans l'illusion que donne une notation floue, on lui ment, et le jour où il découvre que des portes lui sont fermées, c'est le drame.
   L'enseignant qui rend un devoir mal noté sans explication, en enfonçant l'élève dans sa médiocrité, doit changer de métier. L'élève qui accumule les mauvaises notes doit être pris en charge, aidé pour progresser, c'est la mission des enseignants. La note donne la mesure des progrès à faire, des lacunes à combler, ce n'est pas une punition. Il faut surtout prendre chaque élève là où il en est, le faire progresser, l'aider à obtenir de meilleures notes et l'orienter vers les études ou la formation qui lui correspondent.
    Si on explique à un élève, même au CP, que les élèves ne sont pas tous pareils, que c'est plus facile pour certains, que le principal c'est de faire des progrès, que le bon élève n'est pas que celui qui a 10/10 tout le temps, que le bon élève c'est celui qui progresse. Et bravo à celui qui passe de 2/10 à 5/10!
    Au CP, les notes chiffrées, c'est très intéressant pour la connaissance de la dizaine. Je notais les évaluations sur 10, les élèves comprenaient très bien qu'ils obtenaient 10 points si tout leur travail était juste et bien fait et moins de 10 points suivant le nombre d'erreurs. Ils vérifiaient ainsi concrètement la valeur des chiffres par rapport à 10.
    Dès l'école primaire, un carnet de notes avec une note par matière, moyenne de toutes les notes obtenues par mois ou par trimestre, accompagnée d'appréciations, c'est facile à remplir, c'est clair et précis pour les parents. C'est bien plus clair et plus lisible que les livrets actuels comprenant une sorte de répertoire des  notions du programme  marquées  comme acquises, non acquises ou en cours d'acquisition, et une note générale en lettre (A, B, C ou D),  impossibles à remplir avec justesse et bien compliqués à comprendre pour les parents.
    L'élève doit apprendre que son travail a une valeur, doit accepter d'être évalué, il le sera toute sa vie. Il y a traumatisme si l'école ne remplit pas sa mission d'accompagnement, d'instruction. S'il y a traumatisme, c'est la façon d'enseigner qu'il faut changer, surtout pas ce qui permet de mesurer le résultat donc l'acquisition. Surtout ne pas casser le thermomètre précis qui permet de savoir où on en est vraiment!

dimanche 15 juin 2014

Rappel de mon projet

           Pour ceux qui n'ont ni le temps, ni le courage de relire les premiers articles du blog, je rappelle les grandes lignes de mon projet.
           Mon objectif est de démontrer qu'il y a des méthodes performantes et éprouvées qui permettent à tous les enfants de bien apprendre à lire, à compter et calculer et qu'on peut ainsi tarir la source de l'échec scolaire qui se trouve au tout début des apprentissages, tout cela dans un état d'esprit nouveau fait de bienveillance et d'exigence en prenant l'enfant tel qu'il est, là où il en est.
           Pour cela il faut créer une petite école expérimentale avec, pour commencer, une classe de CP pour bien installer les bases élémentaires et une classe de rattrapage, une sorte de CM3 pour remettre à niveau les enfants en grandes difficultés et leur permettre d'entrer au collège avec les bases indispensables à la suite de leur scolarité.
          Cette école, pour que la démonstration soit probante, doit se situer en milieu plutôt défavorisé et doit être gratuite pour être sur le même terrain que l'école publique.. J'ai tellement entendu, à l'école publique dont je faisais partie, que les enfants du privé n'étaient pas les mêmes et qu'on ne pouvait comparer que je tiens à prendre les moyens d'une comparaison  sans restriction.
         Il faut donc faire appel à des mécènes. J'ai contacté de nombreux responsables, dont des politiques, leur demandant de m'aider à trouver des mécènes, leur proposant de s'approprier ce projet, ce qui aurait pu aussi servir leur carrière.
         Le mécénat apporte une aide dans de nombreux domaines, sport, art, santé, pourquoi pas à la reconstruction de l'école? Ce serait un nouveau champ d'action, une voie nouvelle et moderne pour faire évoluer notre système scolaire. Les enfants de France sont nos enfants et notre avenir, les problèmes liés à leur scolarité et à leur formation nous concernent tous.
        En une année les résultats sont visibles, c'est bien le seul domaine si facilement évaluable si on en a la volonté.  Je suis institutrice (je préfère ce nom à celui de professeur des écoles), j'ai enseigné en CP, j'ai utilisé la méthode syllabique (le b-a, ba), je sais que ça marche très bien, je peux enseigner, former des enseignants mais avant cela il faut trouver les moyens de réaliser ce projet d'école. Et ça, c'est autre chose!
        Avis à tous ceux qui veulent faire de la politique autrement, à ceux qui veulent vraiment et efficacement reconstruire l'école et donc l'avenir!


    Objectifs complémentaires:
-Démontrer que la première cause de l'échec n'est pas d'ordre social mais d'ordre pédagogique.
-Donner un bon départ à chaque enfant.
-Faire acquérir aux enfants un comportement d'élève et la maîtrise de soi.
-Restaurer la discipline et l'autorité.
-A côté de l'instruction, répondre au besoin d'éducation, d'humanité, de bonheur d'apprendre et de vivre ensemble.
-Enrichir les rapports avec les parents par un soutien à l'éducation.

samedi 14 juin 2014

Classe politique désespérante, tous partis confondus!

         C'est vraiment désespérant!  On voit des partis politiques en pleine déconfiture, des responsables politiques sans idées, sans imagination, sans projet, sans vision,  préoccupés uniquement de leur poste, de leur pouvoir, de leur avenir, et pas du tout de la vie des Français et de leur famille, alors que la politique c'est d'abord travailler au bien-être, au mieux vivre de leurs compatriotes, c'est avant tout s'occuper des autres.
          Bien sûr il y a une grave crise économique, le chômage qui augmente, l'insécurité, le terrorisme etc... mais il y a surtout cette faillite de l'école qui transforme en drame et en échec la scolarité de nombreux enfants et ça aussi,  c'est important. Même l'Europe s'inquiète du niveau des petits Français et personne ne bouge vraiment, on continue sans se poser les bonnes questions, sans avoir l'idée d'évaluer les méthodes pédagogiques, sans même chercher ce qui est important pour  réussir.
         J'ai proposé mon projet d'école expérimentale à de nombreux responsables politiques de droite comme de gauche, un bon projet pour redémarrer, une étape pour la reconstruction de  notre école, une ouverture vers la réussite. Eh bien! non, aucun intérêt! aucune question! aucune curiosité!Tout va bien sans doute?
       N'importe lequel de ces "brillants" responsables à qui j'ai écrit est capable de rassembler quelques mécènes autour de lui pour créer cette école expérimentale s'il en avait la volonté. Et cette réalisation qui ne peut que réussir peut servir celui qui permettra sa mise en œuvre, peut lui apporter ce qu'il cherche en s'agitant dans les médias. 
      Mais que de temps perdu dans l'indifférence générale!

mercredi 4 juin 2014

Et les maths, aussi!

    Il n'y a pas que le niveau en lecture qui baisse, il y a le niveau en maths! On pense d'abord à la lecture, c'est la porte d'entrée de toute connaissance dans tous les domaines, même en maths, l'enfant qui lit mal ne peut comprendre la donnée d'un problème et s'il n'a compris ni la numération, ni le calcul, c'est la catastrophe! Et c'est souvent la catastrophe.
    La construction du nombre, la numération, est un domaine parfois bien fragile chez beaucoup d'enfants. J'en ai croisé beaucoup, de ces élèves de CM incapables d'écrire des grands nombres. Dès qu'ils entendaient cent ou mille, ils écrivaient plusieurs zéro dans leur nombre et ils se retrouvaient avec un nombre d'une vingtaine de chiffres.
   Le calcul fait partie de la vie de chacun. Un enfant de 5 ans est capable de savoir combien de billes il a perdues, s'il en avait 5 et qu'il lui en reste 3. Et on peut facilement lui expliquer comment on peut écrire ce calcul qu'il a fait tout seul et lui apprendre qu'il y a un signe qui veut dire qu'on enlève, le signe "moins".
   Dans ma classe de CP, dès que j'avais 10 minutes et tant que mes élèves ne savaient pas lire, je leur racontais une petite histoire avec des nombres et une question pour terminer (définition du problème) et je leur demandais de trouver la réponse à la question. Entraînement au raisonnement, au calcul et à leur traduction en opération  Ensuite dès qu'ils pouvaient lire seuls la donnée, ils étaient préparés à la comprendre.
    Pour la numération qui est un point très important, il faut manipuler.  Dans ma classe, je rassemblais quelques tables et les élèves autour. Sur la table, une grande feuille blanche et sur la feuille un tas de jetons (entre 10 et 19, et puis plus ...). Chacun à leur tour les élèves venaient compter les jetons. Dès qu'on arrivait à 10 jetons, l'enfant traçait un cercle autour, un paquet de 10 était fait, une dizaine de jetons. Les jetons restants, on les comptait un par un donc "unités".
    Par la suite, un enfant écrivait le nombre de dizaines et le nombre d'unités dans un tableau de numération tracé au tableau.  Et ainsi on comptait, on construisait les nombres jusqu'à 100. les élèves le faisaient aussi à leur place avec des jetons et une feuille de papier. Puis plus tard des exercices sans jetons, de composition, de décomposition de nombres en dizaines et unités.
  Les enfants avaient bien compris qu'avec 10 chiffres pour écrire tous les nombres, c'est la place du chiffre dans le nombre qui fait la quantité et le nombre.

   En maths comme en lecture, à ce niveau élémentaire, cela pourrait être si simple!


samedi 31 mai 2014

Encore et toujours le niveau! et puis les rythmes scolaires!

    Sur une dizaine d'années le niveau des CE2 a baissé! Celui des CP dans le même temps se serait  amélioré! Pas très logique en effet, de meilleurs élèves en CP devraient donner de meilleurs élèves en CE2. Alors on s'interroge.
     Sur Europe 1 il y a quelques jours, Laurent Bigorgne directeur de l'Institut Montaigne avait été convié pour donner son avis sur cette étude comme expert en la matière, l'Institut Montaigne ayant publié en 2010 "Vaincre l'échec à l'école primaire".  Et il a parlé enfin de pédagogie! C'est un progrès car ce rapport sur l'échec n'en parlait pas, comme si les méthodes d'apprentissage n'étaient pas en cause dans l'échec des enfants.
     Au moment de cette publication, j'avais écrit à Claude Bébéar, président fondateur de cet institut pour lui proposer mon projet de création d'école expérimentale et il m'avait invitée à rencontrer Laurent Bigorgne et Daniel Laurent. J'avais beaucoup espéré de cette rencontre et je ne m'attendais pas à aussi peu d'écoute et d'intérêt. En les quittant j'avais pensé que dans ce milieu d'intellectuels on ne parlait qu'entre grosses têtes bien diplômées. Dommage! Les idées peuvent venir de la base.... que de temps perdu!
    En fin d'émission, Laurent Bigorgne a émis l'idée qu'il fallait faire appel à des chercheurs. On a déjà eu ça avec les "experts" du ministère, les "pédagogistes" qui n'ont rien apporté, bien au contraire. C'est du pratique, du bon sens qu'il nous faut! On a eu un émetteur de bonnes idées fondées sur la pratique et la réflexion, c'est Marc Le Bris, instituteur breton déterminé à faire réussir les enfants et qui réussissait à le faire dans son école: ses élèves étaient les meilleurs au collège et lui, l'enseignant le plus mal noté du département. Comment comprendre? Il a parlé, il a écrit "Et vos enfants ne sauront pas lire ... ni compter", plein de bon sens et très convaincant. Et il n'était pas seul!
    Alors si on n'étudie pas ce qui marche, pourquoi encore des chercheurs?

   Et maintenant voilà la fronde de quelques communes qui refusent d'appliquer la loi sur les rythmes scolaires: trop chère et trop compliquée à mettre en œuvre! Ce n'est pas très étonnant, la gauche de Peillon a perdu les élections municipales, cela a libéré quelques  maires  qui manifestent leur opposition à cette loi mal pensée, mal ficelée.
    Il y avait quand même quelque chose de plus simple pour ajouter une 1/2 journée de classe (ce qui a existé il n'y a pas longtemps) et raccourcir le temps de travail quotidien. En France, les enseignants sont très mal payés. Au lieu d'en embaucher 60 000 de plus  on aurait pu simplement augmenter un peu leur salaire et leur demander de travailler le mercredi ou le samedi matin et d'arrêter le travail de leur classe vers 15h chaque jour ou avec une répartition plus libre dans la semaine, le temps restant étant réservé, sous leur responsabilité,  aux activités sportives, artistiques, culturelles et autres.
     Mais pourquoi faire simple si on peut faire compliqué? 

lundi 12 mai 2014

Je reviens longtemps après, et encore les rythmes scolaires!

     Après une longue interruption, je reprends ce blog. Il y a tellement à dire que personne ne dit!
     J'ai été très occupée pendant un an, j'avais une maison pleine et j'ai consacré le temps restant à retravailler la méthode de lecture que j'avais élaborée pour ma classe de CP avec le but d'essayer de la faire éditer. Je n'ai pas complètement terminé.
     Le nouveau ministre a accepté l'héritage et essaie d'aménager la loi sur les rythmes scolaires pour qu'elle soit un peu mieux accueillie et qu'elle soit plus facile à appliquer. Cela ne vient apparemment à l'idée de personne de suggérer qu'il serait sage de renoncer à une réforme qui pose tant de problèmes et coûte très cher.
    La loi veut adapter le temps scolaire au rythme d'attention de l'enfant dans le but d'une meilleure acquisition des connaissances et pour éviter de fatiguer les enfants. Tout d'abord la fatigue supposée des enfants dépend surtout du rythme de vie des familles, de l'heure du coucher, du travail scolaire qui traîne trop tard le soir.  Ensuite l'acquisition des connaissances dépend de l'efficacité des méthodes pédagogiques, du bon sens, de l'exigence bienveillante de l'enseignant, c'est cela qui fait réussir.
    Comme je l'ai sûrement déjà dit, dans ma classe de CP, j'avais pris la liberté d'adapter le rythme de travail de la classe aux besoins des élèves. J'arrêtais donc la classe, un jour sur deux à peu près, une heure avant la sortie et dans la classe je faisais une heure de soutien avec ceux qui en avaient besoin, en les prenant un par un. Pendant ce temps, les autres, les 3/4 de la classe, lisaient, dessinaient, prenaient des jeux de société et cela se passait très bien sans fatigue, sans loi, sans débat inutile. Il suffit de faire confiance au bon sens des enseignants et de les libérer du carcan pédagogique 
    On peut se demander quelle réflexion précède la naissance d'une réforme, celle qui a fait la semaine de 4 jours comme celle qui veut revenir, d'une façon très compliquée, à la semaine de 4 jours 1/2. Quel gaspillage de temps, de moyens pour ces réformes qui ne servent à rien, coûtent cher, énervent tout le monde et dans lesquelles l'intérêt de l'enfant n'est pas démontré.
   La plus grande sagesse serait de renoncer, je pense que renoncer, parfois, c'est avancer!

samedi 16 février 2013

Bonheur d'enseignant.

  Comment faire confiance à des ministres et  un président qui se trompent gravement dans leurs prévisions, dans leurs décisions, et surtout à un ministre de l'Education qui en est encore à "plus de moyens" alors qu'il faudrait faire mieux avec moins et que c'est possible?
   Restons calmes et parlons d'autres choses plus positives! Par exemple de la pratique de l'enseignant dans sa classe, du bonheur d'enseigner et, pour la classe de CP, que je connais bien, du travail passionnant de faire entrer ses jeunes élèves dans un monde nouveau, celui de l'écrit, de les amener à une parfaite autonomie face à un texte.
    Avec la méthode alphabétique, cela se fait tranquillement, au rythme de chacun. Comme la journée de classe est longue, on le sait, je demandais souvent  à mes élèves vers 15h30  de tout ranger, de préparer leur cartable, je leur proposais de prendre des livres dans la bibliothèque du fond de la classe, de se regrouper pour jouer aux cartes ou aux échecs, de dessiner ou colorier, ou de faire un petit exercice en plus. Et pendant 1 heure, dans un calme relatif, c'est vrai, je prenais, un par un, les quelques  élèves qui avaient besoin de soutien et d'entraînement, chacun très heureux de travailler seul avec la maîtresse.  En quelque sorte, un aménagement du rythme scolaire sans autorisation, ni problème! Et une classe où aucun élève ne se trouve en difficulté!
    Pendant la classe un jour, une petite fille qui avait un peu de mal à lire, a levé vers moi un visage radieux: "Maîtresse! mais, je peux lire!" Elle avait lu toute seule le titre d'un livre, "la petite sirène". Je lui ai répondu, "Bravo, et bientôt tu pourras tout lire tout seule". J'étais encore plus émue qu'elle: un de mes très bons souvenirs de cette classe de CP.
     Un enseignant doit être bien formé, évidemment, mais je crois qu'avant tout, il doit avoir envie de transmettre, la patience de bien expliquer, avoir une attitude bienveillante, savoir s'adapter à chaque enfant. Il doit avoir du bon sens, et aussi du courage pour oser  se libérer des directives et méthodes proposées si elles ne correspondent  pas à ce qu'il veut faire  qu'il sait plus efficace.
   

lundi 11 février 2013

Difficile réforme!

         Quand on réforme, il faut prendre son temps, consulter, vraiment réfléchir et être prudent car c'est très difficile de revenir en arrière..... La semaine de 4 jours est en place depuis à peine 5 ans  et on s'aperçoit maintenant qu'il fallait conserver la semaine de 4 jours 1/2.
          C'est vrai, la journée de classe en primaire est trop longue! Mais c'est tellement compliqué de la raccourcir et d'un coût élevé pour les communes qui prennent en charge, pour une grande partie, la garde des enfants après l'école. Et puis les enfants resteront à l'école aussi longtemps, et même plus, puisque les parents, en France, ne sont pas disponibles pour les récupérer et le changement, pour eux, sera imperceptible chaque jour, avec 1/2 journée de travail en plus. Quand on compare avec les autres pays, ce qu'on fait souvent, il faut tout comparer.
          En France presque toutes les mères ont une activité professionnelle et les enfants sont gardés par les services communaux jusqu'à 18h ou 18h30. Pour que les enfants bénéficient d'une journée de classe moins longue,  il faudrait que les horaires des parents correspondent à celui des enfants, ou que les femmes abandonnent leur emploi en devenant mères, ce qui se passe dans de nombreux pays. Ce n'est guère imaginable en France.
              Le mauvais classement des petits Français n'est pas la conséquence de journées trop longues, ni de rythmes  scolaires mal adaptés, car, je le répète et beaucoup d'autres avec moi, ce sont les méthodes pédagogiques qu'il faut changer, ainsi que l'état d'esprit, l'attitude des enseignants et l'organisation du travail dans la journée.
              Peut-on faire confiance à nos responsables politiques qui décident de réformes aussi légèrement et qui se trompent souvent?
               L'école n'est pas près d'être refondée utilement pour le bien et la réussite des enfants.
           

samedi 26 janvier 2013

Donner un espoir de réussite

    Dans la presse, hier, Monsieur Devedjian donne des pistes pour la reconstruction de l'UMP et pense qu'il faut décloisonner ce parti et permettre le "foisonnement des idées". Les idées, les bonnes idées, les idées de bon sens qui souvent viennent du terrain de la vraie vie, c'est justement ce qui manque et il ne suffit pas de les donner ni de les dire.
   Pour rassembler les troupes, les remotiver, gagner les élections et se tourner vers l'avenir, il n'y a pas mieux qu'un bon projet. Cette expérience que je veux faire d'autres méthodes dans une école spécialisée dans les apprentissages élémentaires et le rattrapage pourrait devenir le laboratoire de l'opposition.
   Les parents d'élèves qui sont presque tous des électeurs apprécieraient que leurs enfants réussissent mieux. Et si Monsieur Devedjian souhaite que l'opposition reprenne Colombes, Clichy, Asnières ou Paris, qu'il contribue donc avec son parti à démontrer "en vrai" dans ces villes que c'est possible de construire une autre école.
    C'est d'abord au Conseil général des Hauts-de-Seine que j'ai proposé mon projet il y a quelques années; il avait créé un pôle universitaire et il me semblait qu'il aurait pu aussi créer une école primaire mais non, il ne pouvait pas! Je crois que manquaient les convictions, la volonté, le souci de nos enfants , comme chez tous ceux, responsables politiques de droite, de gauche ou du centre, à qui j'ai aussi proposé ce projet. Mes propres opinions politiques ne sont d'aucune importance face à la gravité de la situation de l'école, face à ma détermination à la reconstruire  et à faire qu'elle remplisse sa mission d'instruction. L'école n'est ni de droite, ni de gauche, qu'importe la personne ou le parti qui adoptera mon projet.
   Je crois que chez nos dirigeants, chez les experts qui les conseillent et au ministère , personne ne se soucie de comprendre comment un enfant apprend, ne se met à sa place, ne cherche vraiment comment le faire réussir.
    Si on commençait à travailler avec coeur et bonnes méthodes à la  réussite de tous les petits Français,  le moral de leurs parents remonterait sans aucun doute.  Faire baisser le chômage, c'est très difficile, même si des expériences, d'autres voies  sont possibles; montrer, dans une école, qu'il existe des méthodes plus efficaces, c'est facile et la démonstration serait rapide. Alors pourquoi attendre et laisser faire ce qui ne marche pas, et cela, depuis des années?
   
   
  
  

mercredi 23 janvier 2013

Refonder avec plus d'imagination et d'audace.

     L'Education nationale, depuis 20 ans, a l'habitude de ces concertations, consultations,  organisées pour les reformes de ses ministres dont aucune n'a transformé l'école en une école qui réussit. De classement PISA en classement PIRLS on voit bien que le niveau des petits Français baissent de façon continue.
     Et cette refondation qui commence mal! L'opposition à l'une des mesures-phares, l'étalement des jours de classe sur 4 jours et demi au lieu de 4 jours avec une réduction de  45 minutes de la journée de classe, surprend. La concertation n'aurait-elle pas été bien menée?
    Refonder, c'est revoir les fondements, c'est un changement profond. Parmi les 25 mesures du projet de loi, aucune n'est en mesure de transformer l'école, même en les appliquant toutes. Il est difficile, on le voit, de plaquer des réformes sur une organisation de l'école figée depuis des lustres: 4 jours, 4 jours et demi, 45 minutres de moins par jour, des cours de morale laïque, l'avénement du numérique, priorité au primaire, tout cela ne fera pas beaucoup mieux réussir les élèves.
    Il faut que les enfants travaillent un plus grand nombre de jours dans l'année et moins d'heures par jour, c'est sûr, il faut adapter cette exigence à la vie des familles. En France, il y a beaucoup plus de mères qui  travaillent  que dans d'autres pays, les parents ne peuvent donc pas reprendre leurs enfants à 15h, ni payer très cher la garde de leurs enfants.  Il faut donc une organisation de l'école qui prend tout cela en compte, il faut transformer la journée de classe.
    Mon projet, j'en ai déjà parlé dans un message il y a plusieurs mois, propose que les enfants soient à l'école de 9 h à 18 h, 4 jours et 1/2 journée . A côté du temps de travail, ils auront des activités artistiques et sportives; pour cela je crée des assistants d'enseignant qui travailleront sous la direction de l'enseignant, et auront des compétences spécifiques et différentes (sport, dessin, chant, théâtre, jeux de société). Il y aura 1 heure d'étude dirigée en fin de chaque journée pendant laquelle les enfants feront tout leur travail, ils sortiront ainsi libres de faire autre chose, de profiter de moments détendus en famille. Il faut qu'il y ait une vie de famille après l'école, sans le stress des devoirs.
    Il n'y a pas besoin d'enseignants en plus, il faut des enseignants motivés et volontaires pour une présence plus longue à l'école, ils bénéficieront  d'une augmentation de leurs salaires actuellement très bas.  Avec les assistants et des bénévoles les enfants seront bien encadrés, suivis et aidés.
   Et surtout, c'est le plus important, nous utiliserons de bonnes méthodes, très différentes de celles employées partout qui rendent souvent  tout apprentissage difficile.
   Evidemment je rêve  ... et malgré tout j'espère ..... 
   

vendredi 28 décembre 2012

Merci à tous ceux qui m'ont encouragée!

  En cette fin 2012, on a donc appris que les jeunes Français lisaient de plus en plus mal et j'ai lu qu'ils comptaient encore plus mal qu'ils ne lisaient. Croyez-vous que ce constat a fait du bruit, a inquiété les responsables de l'enseignement? Nullement.
   Non, rien ne se passera, on continuera à proposer une refondation-bidon, à parler de rythmes scolaires, de soutien, du numérique sauveur, on augmente le nombre d'enseignants, etc ... Bavardage! En France, on parle, on fait des discours, alors qu'il faudrait avoir l'esprit pionnier, un peu plus de conviction et de volonté pour aller de l'avant et se tourner vers l'action.
  Ce qui est grave, c'est qu'on pourrait faire autrement, et la réalisation de mon projet dans une petite école expérimentale aurait pu le démontrer. Cela aurait été plus efficace que tous ces rapports décrivant la situation et donnant des solutions forcément incomplètes puisque jamais confrontées à la réalité et jamais évaluées.
  J'ai rencontré beaucoup de monde, des responsables politiques sourds, des entrepreneurs dont j'espérais faire des recruteurs de mécènes, l'Institut Montaigne dont l'intérêt pour l'école et la longue liste de ses entreprises partenaires me faisaient espérer le financement de cette expérience, tout cela en vain. Personne ne se soucie réellement de la situation scandaleuse de notre école et l'Institut Montaigne préfère les publications à l'action; il a publié un rapport pour lutter contre l'échec scolaire à l'école primaire dans lequel il n'y a pas un mot sur les méthodes d'enseignement, coeur du problème. A quoi cela sert-il? Et que de temps perdu!
  Je remercie tous ceux qui ont soutenu mon projet espérant le voir réalisé, qui ont été convaincus que c'était une bonne idée pour refonder l'école. Je les remercie du fond du coeur, ils m'ont encouragée et je vais les décevoir car je vais abandonner ce projet, faute de mécènes. Comme je l'avais annoncé, je vais bientôt déchirer tous les chèques reçus. Dès que j'en aurai le temps, j'écrirai un petit mot à chacun.
  L'année 2013 arrive bientôt, mon souhait pour cette nouvelle année serait qu'on comprenne qu'il faut, pour construire l'école de la réussite, laisser un peu le discours et les idées en l'air rebattues régulièrement, et se tourner vers l'action pour démontrer et convaincre.

vendredi 14 décembre 2012

Silence des coupables?

     Une nouvelle étude internationale révèle que les petits Français savent de moins en moins lire. On en parle à peine. Silence coupable ou silence des coupables?
     J'ai trouvé quand même un courageux ou un révolté pour dire la vérité, Jean-Paul Brighelli, qui parle "d'une conjuration d'imbéciles qui ont fait des dégâts inimaginables, ... de technocrates remplis des meilleures intentions mais dangereux pour nos enfants" et qui dit aussi avec raison que " la différence culturelle est un faux problème, le seul problème est que nous nous sommes refusés de donner à nos enfants les moyens d'apprendre". On n'apprend pas vraiment à lire à nos enfants, et cela se passe dans l'indifférence générale! Et il précise qu'en 2005, 17% des élèves n'avaient pas le niveau de lecture et d'écriture requis, et qu'aujourd'hui, c'est 40%.  Comment peut-on se taire encore et ne rien faire d'autre que de proposer le "miracle" du numérique ou du soutien pour éviter les décrocheurs au collège?
    Les seuls commentaires furtifs que j'ai lus ou entendus disent que la cause de cette baisse de niveau en lecture est la conséquence, évidemment, d'un manque de moyens, de la suppression de postes d'enseignants, etc...
    Il ne faut même pas débattre des méthodes d'apprentissage, ce serait encore du temps perdu en bavardage, il faut faire ce que je propose, démontrer, dans une petite école expérimentale, qu'on peut, avec la méthode alphabétique, logique et progressive, apprendre à bien lire à tous les enfants, même dans les quartiers défavorisés, et c'est là qu'il faut implanter cette école.
   Nos riches quittent le pays pour des cieux fiscalement plus cléments. C'est facile comme discours de vouloir faire payer beaucoup plus les riches mais ce n'est pas parce que les riches seront moins riches qu'il y aura moins de pauvres! Bien au contraire! Et si les riches quittent la France, c'est la France qui deviendra plus pauvre. Mais j'aimerais faire passer le message à quelques riches, que je ne connais pas, de m'aider, avant de partir, à faire mieux réussir les petits Français, de faire quelque chose pour la France qui restera, je pense, leur pays de coeur. En finançant mon projet, tout petit, de création d'école, toute petite, ils partiront plus légers. Que ceux qui me lisent transmettent! On peut rêver!
  

mardi 23 octobre 2012

Jamais d'évaluation des méthodes.

   Cela fait des années qu'au sujet de l'école, de l'échec scolaire, du niveau des élèves, de la violence, on s'interroge, on accuse, on propose, on reforme sans pour autant apporter à notre système scolaire l'amélioration que tout le monde attend. C'est même l'inverse qui se produit, la situation se dégrade d'année en année. Le constat est accablant et cet échec est une des plus grandes injustices de notre temps.
   C'est tout de même curieux que jamais les méthodes d'apprentissage, et surtout celle de la lecture, n'aient été évaluées. C'est pourtant par là qu'il faut commencer quand on voit qu'1/4 des élèves sait à peine lire en entrant au collège. Mais non, on essaie de leur donner le goût de lire, on veut qu'ils trouvent du plaisir à lire, et pour cela on les met, dès le début de l'apprentissage, devant des textes qu'ils vont lire de mémoire, en devinant. Ils sont en recherche du sens et les pédagogues trouvent cela intelligent. Les enfants cherchent, c'est la méthode active, c'est pédagogiquement intéressant (théorie IUFM), mais c'est difficile et beaucoup se découragent. Alors c'est l'orthophoniste, le psychologue, c'est l'enfant qui a un problème; jamais de mise en cause de la méthode, c'est grave!
    Le plaisir de lire vient lorsque la lecture est devenue systématique, facile, qu'elle ne demande plus d'effort, c'est-à-dire lorsque l'apprentissage a été bien mené et que la technique est oubliée. Quand on emploie la méthode alphabétique ou syllabique, on commence par reconnaître les voyelles, puis on introduit, une par une, les consonnes, on forme des syllabes, des mots puis des phrases. C'est facile, progressif, constructif, l'enfant peut lire avec assurance, sans deviner, ni inventer et il entre naturellement et facilement dans le sens.
   C'est ce que j'ai fait dans ma classe de CP et que je voudrais refaire dans la petite école expérimentale de mon projet, les 3/4 des élèves lisaient aussi bien que moi à la fin de l'année, les autres lisaient plus lentement mais avec assurance. Et avec cette méthode, beaucoup d'enfants pourraient même apprendre à lire sans forcer avant 6 ans. Quel gaspillage d'intelligence, de moyens, de temps, et quel drame pour les enfants qui n'arrivent pas à bien lire!

mardi 16 octobre 2012

Où est la refondation de l'école, Monsieur le Ministre?

     Plus de notes, plus de devoirs, plus de redoublements, nouveau rythme scolaire! Pourquoi pas mais rien de cela n'est nouveau et les élèves n'en sauront pas mieux lire, mieux écrire et mieux compter pour autant.
     Plus de notes? A l'école primaire il n'y a pratiquement plus de notes chiffrées, on note A, B, C ou D, ce qui revient presqu'au même. L'enfant qui a un D n'est pas très heureux. Dans ma classe de CP, je mettais des notes sur 10 de temps en temps, j'en faisais une moyenne que je reportais sur le livret simplifié que j'avais créé. Tout cela n'était pas apprécié de la direction de l'école mais j'avais la chance d'avoir la liberté de l'âge. Je trouvais ce livret plus clair, plus facile à remplir pour moi et à lire pour les parents. Aux élèves et à leurs parents, j'avais bien expliqué que le meilleur élève était celui qui faisait des progrès même s'il partait de très bas, sans bien sûr enlever son mérite à celui qui avait 10/10. De plus pour des élèves de CP, c'était une application pratique de la notion de dizaine.
    Plus de devoirs à la maison? Je suis d'accord et je l'ai écrit sur ce blog il y a quelque temps. La famille doit pouvoir se retrouver en fin de journée sans stress.
   Plus de redoublements? Il suffit de les rendre inutiles. Si on suit de près les élèves en difficulté, c'est possible. En CP c'est plus facile. Comme je trouvais la journée longue pour de jeunes enfants ( Oui, Mr le Ministre a bien raison), j'organisais, pendant la dernière heure presque chaque jour, une occupation calme pour les élèves sans problèmes (les 3/4 de la classe), lecture, jeux de société, dessin, travail en plus etc ... et je prenais le temps de m'occuper de ce qui était mal acquis chez les autres. De cette façon toute la classe pouvait avancer presqu'au même rythme. Pourquoi pas dans toutes les classes?
  4 jours 1/2 de classe par semaine? Cela se faisait il n'y a pas très longtemps. J'aimais bien aller en classe le samedi matin, il y avait moins de circulation et, à la sortie de l'école, il y avait les parents avec qui j'avais plaisir à parler un moment sur le trottoir.
   Donc tout cela est très bien mais ne refonde pas l'école. Rien pour éviter qu'1/4 des collégiens de 6ème ne sache ni bien lire, ni bien calculer!
   Il vaudrait mieux se donner l'objectif de 95 ou 98% de réussite à un léger examen d'entrée en 6ème qu'il faut rétablir plutôt que celui de 80% de bacheliers. Les recalés seraient admis dans une classe de CM3(bonne idée, je crois, de Marc Le Bris), où ils pourraient  compléter leurs connaissances.

mercredi 19 septembre 2012

Refondation?

  Dans Télérama de cette semaine qui annonce en couverture, "Sauvez l'école", il y a un entretien entre le ministre Vincent Peillon et le sociologue Jean-Pierre Terrail, entretien révélateur qui montre bien que le programme du Ministre n'a de refondation que le nom.
  Dans l'entretien, J.P. Terrail pose clairement le problème des méthodes, il dit qu'en France on n'a jamais fait d'études sur l'efficacité des méthodes contrairement aux Etats-Unis où de nombreuses enquêtes ont montré "la supériorité manifeste de la méthode syllabique". Le Ministre reconnaît  qu'il y a des méthodes plus efficaces que d'autres et il ajoute: "Mais les méthodes relèvent des libertés pédagogiques. Evitons que l'école ne soit le lieu d'affrontement d'expertises."
  Donc pour éviter l'affrontement, ne changeons rien, ne reconstruisons rien, continuons tranquillement d'ignorer comment un enfant apprend. Mais comment peut-on parler de refonder l'école si la liberté des enseignants( assez relative) est plus importante que la réussite des enfants? Pour qui et pour quoi l'école existe-t-elle? On se moque vraiment des enfants.
  Mon projet veut justement démontrer, dans une petite école expérimentale,  que la méthode syllabique ou alphabétique apprend à lire à tous les enfants, et cela sans agitation ni affrontement car c'est la réussite des enfants qui décidera de la vérité.
   

lundi 17 septembre 2012

Liberté, égalité, fraternité

   La devise de la France pourrait devenir la base d'un vaste programme d'éducation civique, "Liberté, Egalité, Fraternité".
   Il n'y a pas de liberté sans responsabilité. L'homme est un être libre mais la liberté ce n'est pas faire tout ce qu'on veut, sans limites, la liberté des uns s'arrête où commence celle des autres. Etre libre s'apprend: éducation à la responsabilité, au discernement, éveil de la conscience, connaissance du bien et du mal.
   On parle beaucoup d'égalité aux enfants mais on en déforme la signification: nous sommes égaux, nous devons donc tous avoir la même chose, faire les mêmes choses, les mêmes études. Il serait utile d'expliquer que l'égalité dont on parle, c'est l'égalité de tous devant la loi, l'égalité des droits de chacun et quand on parle des droits de l'homme, ne pas oublier les devoirs. J'ai expliqué à mes élèves de CP, chaque année, que la nature n'était pas égale, ni juste: il existe des personnes très belles, d'autres beaucoup moins, voire laides, des personnes en bonne santé, d'autres malades ou handicapées, des personnes plus intelligentes que d'autres, des enfants qui apprennent très vite, d'autres lentement. En revanche on doit avoir le même respect pour une personne pauvre et malade que pour un personnage brillant et célèbre. On doit respecter la dignité de chaque personne quelle qu'elle soit.
   Et puis la fraternité qui demande que chacun se considère comme le frère de l'autre, apprend la solidarité, pourrait apprendre à l'enfant à trouver son bonheur dans le bonheur des autres, à rendre heureux autour de lui.
   Et puis dès le début de la scolarité, on pourrait chercher ce qui rend l'homme vraiment heureux, chercher dans la vie des exemples de belles actions, donner de la valeur au bien. Il y avait au programme du CP la découverte du monde, ce que je faisais à ma manière, c'était plutôt une découverte de la vie, une réflexion sur la vie. Mes élèves avait un cahier pour cela que j'avais appelé le"cahier du bonheur" dans lequel, hélas, il n'y avait pas assez de traces de nos conversations, car le temps me manquait.
   Il faut avancer sur le chemin du bien par imprégnation, c'est ça l'éducation et ça commence très tôt. Il faut oser parler du bien et du mal, ce qui a été un peu oublié depuis pas mal d'années; peut-être qu'une laïcité mal comprise a mis à la porte tout ce qui pouvait ressembler de près ou de loin à la religion, le bien, le mal, toutes ces valeurs rétrogrades qui réduisent la liberté de l'individu.

dimanche 16 septembre 2012

Contre la violence: la liberté de choisir l'école.

  Dès la rentrée la violence est là: violence des élèves, violence des parents et ce scandale des enseignants agressés. Ces manisfestations de violence sont les symptômes d'un malaise réel, celui des élèves qui ne savent pas où ils vont, celui des parents devant les difficultés de leurs enfants, elles sont les conséquences de la crise de la famille, de celle de l'éducation et de la perte d'autorité qui caractérise ces 30 dernières années.
  D'une éducation positive et incitative ( il y a bien longtemps!) on est passé à une éducation négative qui vise surtout à dénoncer le mal et je ne crois pas qu'on éloigne le mal en le mettant à la une. A une époque on donnait à lire aux enfants la vie d'hommes ou de femmes exemplaires ou la vie des saints, c'était tout de même plus formateur que le rappel incessant de tout le mal dont l'homme est capable (racisme, viol, drogue, etc ...). "Il vaut mieux enseigner la vertu que condamner les vices" écrivait Comte-Sponville il y a quelques années dans son "Petit traité des grandes vertus".
   Tous les ministres ont essayé de combattre la violence à l'école qui n'est pas un phénomène nouveau, ils ont demandé aux enseignants de faire de l'éducation civique. Maintenant on lance la morale laïque, les mots changent mais rien ne changera.
   Il y a 2 sortes de violence, l'une, visible, choquante et inquiétante, celle des coups qu'un élève porte à son professeur et l'autre, invisible, celle de la maltraitance pédagogique qui empêche un enfant d'apprendre facilement. Celle-ci est en partie cause de l'autre.Sont en cause aussi le laxisme à l'école comme à la maison, le manque de respect des élèves qui parlent d'égal à égal à leurs professeurs, la perte des moyens de faire respecter l'autorité, la victimisation des enfants issus de quartiers difficiles à qui on donne des excuses.
  Alors la morale, pourquoi pas? Il faut surtout que les enfants puissent s'épanouir en apprenant avec des méthodes faciles, logiques, progressives, dirigés par des enseignants à l'autorité et à l'exigence  bienveillantes.
   Il faudrait surtout donner aux parents le droit de choisir l'école de leurs enfants, ils se donneraient plus de mal pour les éduquer, deviendraient plus exigeants, pour que leurs enfants soient admis dans l'école qu'ils auront choisie. Ce serait une mesure de justice, ce désir de choix existe mais la possibilité de choisir est une sorte de privilège pour quelques uns de ces Français qui ont l'égalité des droits comme devise.